L’Elysée envisage de taxer les ménages les plus aisés pour financer les retraites. Niches fiscales et entreprises sont aussi dans le collimateur

Avant même les discussions intersyndicales sur la réforme des retraites qui démarrent ce matin, l’Elysée a déjà fait part de ses intentions en matière de fiscalité. Nicolas Sarkozy qui n’avait «pas été élu pour augmenter les impôts» devrait se résigner à le faire face à la maigreur inquiétante des caisses de l’Etat. Le régime s’annonce strict pour les ménages les plus aisés et les entreprises.

Les proches du président ont tout d’abord évoqué en fin de semaine dernière, la possibilité de taxer les plus hauts revenus pour financer les retraites. «La réforme doit être perçue comme absolument juste», ont-ils justifié. Ce prélèvement spécifique sur une catégorie de la population doit permettre de faire avaler aux Français la pilule du durcissement des conditions actuelles d’accès à la retraite (allongement de la durée de cotisations et recul de l’âge légal). Certains parlent aussi d’une hausse de la CSG, proposition soutenue par le parti socialiste. Tout le monde devrait ainsi participer à l’effort pour les retraites.

Mais la pression fiscale dépasse ce cadre. Déjà, fin mars, Christine Lagarde s’en était pris au taux d’imposition des sociétés. La ministre de l’Economie et des Finances espère bien réduire l’écart entre la théorie et la pratique en matière de fiscalité des entreprises. La marge entre les 33% de taux facial d’imposition et les 22% de taux réel n’est plus acceptable pour la ministre qui espère récupérer un manque à gagner de 8 milliards d’euros.

François Fillon de son côté s’est attaqué jeudi dernier devant les sénateurs aux éternelles niches fiscales. Le Premier ministre a annoncé qu’il proposerait «leur plafonnement ou leur suppression» afin de réduire le déficit public. Ce dernier a défini deux moyens d’agir : «Ou bien examiner chacune des niches et voir la faisabilité de sa suppression ou bien mettre en place une règle sur l’ensemble des niches fiscales et sociales.» La bataille s’annonce délicate.

Pour l’heure, Bercy et l’Elysée insistent sur l’aspect non définitif de toutes ces pistes sur la hausse de la fiscalité. Le temps paraît tout de même tourner à la hausse pour les impôts des Français et à l’orage pour le bouclier fiscal. Les grandes lignes de la réforme des retraites, en particulier, devraient être annoncées courant juin, pour un vote à la rentrée.

le 12/04/2010

Lundi 12 avril 2010